Arthur Maillard, militant anarchiste

Né à Gien (France) en 1869, Arthur Maillard s’établit à Montréal vers 1907 où il se trouve un emploi comme fabriquant de calèches. Militant anarchiste, Maillard contribue de manière régulière au journal Les Temps Nouveaux (1908-1912) de même qu’à La Calotte (1911).

Arthur Maillard (1923)

Sous le pseudonyme de « Canadien Français », ses articles décrivent avec précision les aléas de la vie politique montréalaise, les multiples problèmes auxquels font face les militants aux idées « avancées » et les initiatives qu’ils mettent de l’avant, tout en implorant le soutien – financier et politique – de ses camarades français et européens.

Membre actif du cercle Alpha-Omega, qui regroupe les libre penseurs francophones proches de la franc-maçonnerie montréalaise, Maillard est associé à deux publications éphémères (La Lumière, Pourquoi pas?) qui seront frappées d’interdiction par l’Église catholique.

En tête du bulletin Pourquoi Pas ? (1910)

Maillard adhère également à la section française du Parti socialiste du Canada, sans doute pour y diffuser ses idées anarchistes. Il prend la parole lors du rassemblement tenu Champ de Mars à l’occasion du 1er mai 1910. Quelques mois plus tard, il organise une causerie anarchiste le 15 janvier 1911 au Temple du Travail de Montréal.

Parallèlement à ces activités, Maillard est membre de la coopérative La Kanado qui procède à l’achat de terres agricoles dans la région de Mont-Laurier (Basses-Laurentides) en vue d’y établir un « milieu libre ». Maillard fait aussi partie des membres fondateurs de trois coopératives de consommation et de production qui verront le jour en 1910.

La guerre entraine l’apparition de fractures au sein des milieux progressistes montréalais. Alors que la plupart des militants socialistes et anarchistes adoptent très tôt des positions antimilitaristes et anti-impérialistes, d’autres choisissent d’appuyer l’effort de guerre contre l’Allemagne. C’est notamment le cas d’Arthur Maillard. Entre 1916 et 1918, Maillard s’engage aux côtés des sociétés patriotiques de Montréal qui soutiennent le gouvernement français[1], implication qu’il poursuit jusqu’à son décès en 1925[2]. Fait à noter, les prises de position de Maillard rejoignent en partie celles de Jean Grave et du journal anarchiste Les Temps Nouveaux auquel il collabore avant la guerre.


[1] Maillard fait notamment partie du comité d’organisation d’un grand rassemblement au Monument national pour souligner le deuxième anniversaire de la bataille de la Marne.

[2] Avant sa mort, Maillard fait notamment partie de la société La France Républicaine qui organise des activités de bienfaisance au profit des membres de la « colonie » française de Montréal.

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