Une rare photo de la militante socialiste et féministe montréalaise Rose Mary Louise Wills (1871-1937), mieux connue sous le nom de Rose Henderson.

Née à Bray (Irlande du Nord), Rose Henderson immigre au Canada en 1885. Active au sein de la Equal Suffrage League entre 1913 et 1918, elle milite également dans la section de la province de Québec du Parti ouvrier du Canada. Présente au congrès de fondation de cette organisation en mars 1918, Henderson sera élue vice-présidente du parti l’année suivante.
Henderson soutient activement la grève générale de Winnipeg, ce qui lui vaudra une descente de police à son domicile dans la nuit du 1er au 2 juillet 1919. On cherche des preuves de son implication dans un supposé complot bolchévique visant à renverser l’état canadien. Dans la foulée de cette affaire, Henderson est contrainte de démissionner de son poste à la Montreal Juvenile Court. Quelques mois plus tôt, Henderson avait pris la parole dans un meeting de solidarité avec la révolution russe organisé par le Parti social-démocrate à la salle Prince-Arthur.
Henderson se présente comme candidate ouvrière dans la circonscription de St-Laurent/St-Georges à l’élection fédérale de 1921. Pour la première fois dans l’histoire du Québec, le nom d’une femme apparait sur un bulletin de vote.
Militante connue, Rose Henderson est appelée à se déplacer ailleurs au Canada lors de conflits ouvriers. Après un voyage en Grande-Bretagne en 1922-1923 au cours duquel elle appuie le candidat ouvrier Shapurji Saklatvala (« an Indian-born member of the Communist Party »), Henderson se rend en Union Soviétique. À son retour, elle déménage en Colombie-Britannique, puis en Ontario, où elle poursuit son engagement politique. Au cours des années 1920 et 1930, elle sera candidate à quelques reprises pour différentes formations travaillistes.
L’historien Peter Campbell lui a consacré une magnifique biographie publiée en 2010. On lira avec intérêt la notice rédigée à son sujet dans le Dictionnaire biographique du Canada.